Logique de Kant

Logique de Kant

« La logique est une science ration­nelle non seule­ment selon la forme, mais selon la matière; une science a priori des lois néces­saires de la pensée, non pas rela­ti­ve­ment à des objets parti­cu­liers, mais bien rela­ti­ve­ment à tous les objets en géné­ral; c’est donc une science du droit usage de l’en­ten­de­ment et de la raison en géné­ral, non pas de façon subjec­tive, c’est-à-dire non pas selon des prin­cipes empi­riques (psycho­lo­giques) : comment l’en­ten­de­ment pense – mais de façon objec­tive, c’est-à-dire selon des prin­cipes a priori : comment il doit penser »
Kant – Logique

La Nais­sance de la Cons­cience dans l’Ef­fon­dre­ment de l’Es­prit Bica­mé­ral

Cet ouvrage est une clef d’or.

La bica­mé­ra­lité (deux chambres, sépa­rées) selon Jaynes, c’est le mode de commu­ni­ca­tion inter-hémi­sphé­rique un peu brut qui régnait avant l’in­ven­tion de l’écri­ture. La conscience de soi procu­rée par la stabi­lité de l’écrit est ce qui aurait quasi­ment anni­hilé ce mode d’être très ancien.

Selon Jaynes l’hal­lu­ci­na­tion était le mode de commu­ni­ca­tion d’un hémi­sphère à l’autre. L’émer­gence d’une pensée prédic­tive était attri­buée à un ailleurs, nommé Dieu.

Ulysse part en guerre parce qu’un Dieu le lui a dit. Ulysse rentre de guerre en conscience de lui même. C’est entre l’Il­liade et l’Odys­sée que Jaynes voit la plus forte symbo­lique de ce passage.

Le livre complet et en français est consul­table libre­ment à la Julian Jaynes Society.


L’édi­teur de mon édition a omis dans le titre le mot « BICAMERAL » du titre origi­nal anglais The origin of consciens­cious­ness in the break­down of the bica­me­ral mind. Sans ce mot le titre n’a pas de sens.

S’ap­puyant sur des domaines aussi divers que la litté­ra­ture grecque, la bible, l’ar­chéo­lo­gie, la philo­so­phie, la neuro­lo­gie, la psycho­lo­gie expé­ri­men­tale ou bien encore sur l’ob­ser­va­tion vivante de sa propre expé­rience, Julian Jaynes remet en ques­tion le postu­lat selon lequel la conscience serait éter­nelle.

L’ou­vrage écrit dans un style tantôt litté­raire, tantôt scien­ti­fique, nous fait parta­ger cette recherche au cours d’un voyage initia­tique qui ébranle avec succès cette idée reçue.

Paru aux Etats-Unis en 1982, cet ouvrage est aujourd’­hui large­ment traduit dans le monde, preuve de son actua­lité et de l’in­té­rêt qu’il suscite chez un public toujours plus large.

La quatrième de couver­ture est sans inté­rêt par rapport à l’idée de Jaynes. Elle dessert plutôt le propos qu’autre chose.

Fernand Brau­del – Écrits sur l’his­toire


http://docu­ments.irevues.inist.fr/handle/2042/29260

Fernand Brau­del a toujours plaidé pour une néces­saire unifi­ca­tion des sciences de l’homme. Tel est le thème commun des articles ici rassem­blés.
L’his­toire, selon lui, part d’une réflexion sur la multi­pli­cité des temps, elle est une dialec­tique de la durée, à la fois étude du passé et du présent. Elle peut et doit à ce titre inté­res­ser les sciences voisines et s’as­si­mi­ler en retour leurs diverses tech­niques. Mais aucune science parti­cu­lière, aussi plurielle soit-elle, n’est capable de mobi­li­ser l’en­semble de l’hu­main. Et l’his­to­rien qui se veut écono­miste, socio­logue, anthro­po­logue, linguis­te… cède à un impé­ria­lisme scien­ti­fique que Fernand Brau­del redoute autant que le cloi­son­ne­ment des fron­tières.
Souci de l’unité et respect de la diver­sité, tels sont les prin­cipes d’un « marché commun du savoir » auquel Fernand Brau­del a contri­bué plus que tout autre.

Georges Ohsawa – Le Prin­cipe Unique

Georges Ohsawa – Le Prin­cipe Unique de la philo­so­phie et de la science d’Ex­trême-Orient

Le prin­cipe unique (la consti­tu­tion-concep­tion de la vie et de l’Uni­vers de l’Ex­trême-Orient) n’est en réalité qu’une méthode de clas­si­fi­ca­tion dialec­tique pratique et univer­selle, acces­sible à tout le monde, qui embrasse tout ce qui existe dans l’uni­vers et l’Uni­vers lui-même.
Georges Ohsawa

Jean François Mattéi – L’ordre du monde

On peut dire que dans ce livre Mattéi se laisse aller à moins de rete­nue que d’ha­bi­tude. La quatrième de couver­ture donne une idée de cela :

L’ordre du monde : l’ex­pres­sion paraî­tra suspecte à ceux qui ont choisi le vide du concept contre la pléni­tude du sens et refusent à la raison moderne le droit de recon­naître sa quadruple racine pour édifier une éthique à la mesure de l’être.

C’est de la colère.

On peut bien, aujourd’­hui, oublier l’injonc­tion carté­sienne de chan­ger plutôt ses désirs que l’ordre du monde, et se satis­faire, Ciel et Terre abolis, d’une raison qui achève son empire sur un désert. C’est toujours le monde, fina­le­ment, qui a le dernier mot.

Et du pessi­misme, de l’im­puis­sance qui fait écho au désar­roi de Heideg­ger face à l’in­com­pré­hen­sion.

C’est encore un ouvrage clé pour moi. Celui ci m’a montré qu’une colère sourd de cette lignée d’éru­dits. Elle me les rend plus réels. Le contenu de ce livre revient inlas­sa­ble­ment sur le problème de l’ou­bli de l’Être, conju­gué en « Oubli de l’ou­bli de l’Être » par le contem­po­rain qui semble admi­rer Heideg­ger, mais l’en­ferme dans une parfaite incom­pré­hen­sion de son œuvre.

J’ai enfin vrai­ment compris par ce livre que j’avais des frères en pensée, sorte de consé­cra­tion de 20 années de recherches. J’ai aussi pu oser appo­ser la signa­ture de l’Ordre et du Désordre, notion au centre du monde depuis Zoroastre, fonda­teur du premier des mono­théismes.

J’em­prunte désor­mais l’ex­pres­sion « L’ordre du monde » en fondant sa légi­ti­mité sur ce livre, œuvre d’un ami en pensée.

Mattéi – Heideg­ger et Hölder­lin. Le Quadri­parti

Heideg­ger et Hölder­lin. Le Quadri­parti
Jean-François Mattéi

Ce livre là est celui qui a assis en moi ce qui n’était encore qu’une impres­sion : Heideg­ger a dési­gné toute sa vie durant l’objet qui est aussi celui de ma quête depuis deux décen­nies. Muni de cette confir­ma­tion j’ai enfin trouvé un sol solide, une conni­vence certes encore diffi­cile à cerner, mais nette­ment établie.

Tout en rete­nue dans ce livre, Jean François Mattéi est celui qui a exposé clai­re­ment ce que tout le monde refuse de recon­naître chez Heideg­ger, la quête perma­nente d’un méta­phy­si­cien croyant en autre chose que la Sainte et Intou­chable Raison des raison­neurs. Oui, un croyant. Et pour être plus précis, un croyant sachant qu’il croit, par oppo­si­tion à ceux qui croyant ne rien croire prétendent déte­nir une vérité hégé­mo­nique.

Le langage de Heideg­ger est hermé­tique. Il l’est pour tout le monde, mais il s’éclaire si l’on connaît la constante chez ce penseur. Depuis ses 18 ans, âge auquel on lui a offert la fameuse disser­ta­tion de Franz Bren­tano il n’a pas changé de direc­tion, même lors du tour­nant.

Mattéi est celui qui a osé dire ces choses. On peut lire des tas de livre érudits ou simples sur Heideg­ger qui passent toutes à côté du plus impor­tant en un silence pesant. J’avais débuté avec le livre « Heideg­ger » de Georges Stei­ner, qui m’a tout dit, mais sans l’es­sen­tiel. C’est un excellent exemple de ce que j’ai rencon­tré partout ailleurs que chez Mattéi et ses amis.

Quatrième de couver­ture

Heideg­ger a voulu rani­mer la ques­tion du sens de l’être en prenant le « tour­nant » qui, en même temps que son dépas­se­ment, effec­tue l’ap­pro­pria­tion de la méta­phy­sique. Si celle-ci ne peut saisir la dimen­sion origi­naire dans laquelle elle se déploie, il lui reste à évoquer l’énigme de sa prove­nance : ce dont on ne peut parler, il faut le dire.

Telle est cette unique pensée que Heideg­ger a retrou­vée dans la poésie hölder­li­nienne, des cours sur La Germa­nie et Le Rhin à la confé­rence Terre et Ciel de Hölder­lin. On a inter­prété la rencontre des deux écri­vains souabes, dans leur appel au « retour­ne­ment natal », comme une justi­fi­ca­tion du tota­li­ta­risme, et l’on a dénoncé, avec Adorno, ce pathos de l’ori­gine qui réduit la pensée à une fixa­tion narcis­sique au peuple alle­mand.

Il n’y a pour­tant aucune confu­sion entre le mythe natal et la mytho­lo­gie nazie. Ce que Heideg­ger a cher­ché dans Hölder­lin, c’est moins le poète de la terre-mère que l’épreuve de la vérité de l’être qui commande le quadrillage de la méta­phy­sique. C’est bien Aris­tote, avec le concert des quatre causes, qui a conduit Heideg­ger sur la voie de Hölder­lin.

Car si l’étant se dit de multiples façons, pourquoi ces façons se trouvent-elles au nombre de quatre ? L’énigme de la méta­phy­sique recouvre l’énigme de l’ « autre pensée », celle qui ouvre le monde selon les nervures du Quadri­parti. Terre et Ciel, Divins et Mortels expriment les harmo­niques de l’être où, à la croi­sée des chemins, s’unissent ce que le penseur nomme les « puis­sances de l’ori­gine », et le poète, les « voix du Destin ».

J.-F.M.

https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/2003-v59-n3-ltp757/008800ar.pdf

Bren­tano – Aris­tote les diverses accep­ta­tions de l’être

Aris­tote les diverses accep­ta­tions de l’être
Franz Bren­tano

Quatrième de couver­ture

Cette disser­ta­tion légen­daire de Franz Bren­tano (1838–1917), éditée à Fribourg en 1862, prend pour fil conduc­teur de son inter­pré­ta­tion de la « méta­phy­sique » comme science de « l’être en tant qu’être » le leit­mo­tiv : « l’être se dit pluriel­le­ment ». Mais quelle en est alors la signi­fi­ca­tion directe et unitaire ?
L’am­bi­tion de Bren­tano est de recons­ti­tuer une doctrine dont il s’agit à la fois de montrer et de sauver la cohé­rence. Le primat accordé à l’ac­cep­ta­tion caté­go­riale de l’être amène à resti­tuer un « arbre généa­lo­gique » des caté­go­ries dont le chatoie­ment corres­pond stric­te­ment à la diver­sité des modes de prédi­ca­tion de la « substance première ». Même si la ques­tion reste posée de savoir si la pluri­vo­cité de l’être se ramène essen­tiel­le­ment à la diver­sité caté­go­riale, ou si, au contraire, les caté­go­ries n’illus­trent qu’une plura­lité restreinte, au sein d’une accep­ta­tion de l’être dont elles déclinent les « moda­li­tés » ou les « figures », mais dont rien ne dit qu’elle serait souve­raine, cette magis­trale initia­tion demeure un jalon incon­tour­nable dans l’his­toire de la réap­pro­pria­tion moderne d’Aris­tote et du problème que pose la consti­tu­tion d’une onto­lo­gie.

Traduit de l’al­le­mand par Pascal David, profes­seur à l’uni­ver­sité de Brest.

Vrin – Biblio­thèque des Textes Philo­so­phiques
208 pages –
ISBN 978–2–7116–1127–0 – décembre 1992