À-propos

La forme de la méta­phy­sique

Je pratique et professe ici une certaine manière de penser, dite analo­gique, que j’ai rencon­trée chez de nombreux auteurs, et dans de nombreuses disci­plines, scien­ti­fiques ou non. Penser ainsi, c’est exploi­ter des pratiques intel­lec­tuelles plus anciennes que la Science elle-même, et qui sont consi­dé­rées actuel­le­ment, à tort selon moi et d’autres, comme désuètes ou pire, sans fonde­ment. Dans les faits, la Science s’est construite à partir de ce mode de pensée premier, s’éman­ci­pant de lui au profit du nouveau, bien plus fort, le logico-ration­nel, qu’elle a raffiné pendant des millé­naires, avec les énormes consé­quences que l’on sait ces derniers siècles.

Je crois que ce qui est devenu très préju­di­ciable à l’hu­ma­nité, c’est qu’a­vec les succès de la Science, la perti­nence puis l’exis­tence du mode de pensée premier se sont vus déniés. Les mobiles d’un tel choix sont clairs et perti­nents, la Raison est vrai­ment une puis­sance qui a fait muter l’hu­ma­nité, mais la croyance dans son omni­po­tence est archi-fausse. La Raison n’est pas raison­nable quand elle s’auto-élit comme la seule pensée légi­time à pouvoir décrire le monde.

Tout ne peut pas être résolu par la Raison, mais nous perdons chaque jour un peu plus le moyen de gérer « le reste » puisque elle seule a le droit de cité pour penser le monde. L’er­reur est monu­men­tale et se répète méca­nique­ment selon le même usage du déni à d’autres aspects de la pensée contem­po­raine : tout se passe comme si « quelqu’un » déci­dait de ce qui existe et n’existe pas, et ceci forcé­ment depuis l’unique mode de pensée supposé exis­ter. Nous croyons en effet, nos diction­naires l’at­testent, que le contraire de la Raison n’est pas le mode de pensée anté­rieur et englo­bant dont elle s’est disso­ciée, mais la dérai­son.

Ce mode de pensée, qu’il soit oublié ou asso­cié à la folie, a un nom véri­table, dont le sens s’est dévoyé avec le temps, puisqu’il est devenu pour nos diction­naire syno­nyme, et non anto­nyme, de la Raison : ce nom est « Sagesse ». Il est l’ou­til intel­lec­tuel premier et flou qui par nature vient nour­rir le cycle de la connais­sance dont les sciences sont une étape seconde et tran­chée. Y renon­cer comme notre civi­li­sa­tion mondia­li­sée l’a fait est tout simple­ment drama­tique. En ce sens je ne dis rien d’autre que ce qu’un penseur majeur du XXe siècle à essayé de dire sa vie durant, Martin Heideg­ger.

J’ai plusieurs objec­tifs ici, mais le tout premier d’entre eux est de montrer les voies qui ramènent à ce mode de pensée, sa perti­nence et sa profon­deur. Pour cela j’ai de nombreux amis avec moi, de l’an­tiquité jusqu’à nos jours, qui emploient dans un certain secret cette tradi­tion de pensée qui ne s’est jamais éteinte, qui ne peut s’éteindre parce qu’elle fait partie du monde.

La science a conquis les esprits par quelques axiomes et méthodes qui sont aussi essen­tiels que gran­dioses et effi­caces. Mais la Sagesse dans le monde entier dispo­sait bien avant la science moderne d’axiomes et de méthodes perti­nents et constants à travers les lieux et les âges. Il convient de les recon­naître et de les « dépous­sié­rer » pour être en mesure de recon­naître les riches émana­tions de la Sagesse, en bien plus de sites que l’on ne le soupçonne en géné­ral et selon une orga­ni­sa­tion que l’on ne peut que quali­fier d’har­mo­nieuse.

L’as­pect le plus perti­nent de ce travail mondial de struc­tu­ra­tion se rencontre indu­bi­ta­ble­ment en Chine, avec un apho­risme en trois idéo­grammes donnant un Prin­cipe trini­taire unique et univer­sel d’une profon­deur inson­dable et d’une cohé­rence qui n’a jamais été qu’en­tra­perçue. Plus tard lui fut adjoint une repré­sen­ta­tion semi-graphique limpide qui est au fonde­ment de mes repré­sen­ta­tions. L’un et l’autre, prin­cipe et repré­sen­ta­tion, sont presque tota­le­ment igno­rés de nos jours, même en Chine semble-t-il.

La recherche a extra­or­di­nai­re­ment évolué en Grèce avec Aris­tote initiant le pan le plus fécond de la tradi­tion analo­gique quater­naire euro­péenne, qui est toujours vivace, nous le voyons très clai­re­ment dans ce blogue. L’ad­di­tion de ces deux axio­ma­tiques, la trini­taire et la quater­naire, les deux plus immenses sommets de toute la Sagesse antique, est d’une impor­tance incom­men­su­rable pour notre avenir.

Certes la Sagesse est irra­tion­nelle et sensible par rapport à la Raison, qui se fait un honneur de ne pas l’être, mais ses apports se laissent néan­moins conte­nir dans quelques schèmes ration­nels effi­caces et élémen­taires, que la repré­sen­ta­tion chinoise évoquée au-dessus, à peine réno­vée, permet d’ex­pri­mer selon un type nouveau d’écri­ture compo­sée d’équa­tions analo­giques extrê­me­ment denses. C’est une écri­ture a posté­riori du réel, conçue pour rece­voir les concepts du monde observé dans ce qu’il y a de plus essen­tiel et dont chaque équa­tion est poten­tiel­le­ment une source de sens nouveau pour qui les contemple.

Jung et Heideg­ger ont expli­ci­te­ment appelé de leurs vœux une telle écri­ture, qu’ils ont tous deux tenté de réali­ser sans succès : il leur manquait la connais­sance complète de la forma­li­sa­tion chinoise. Ils se sont heur­tés, comme tous les penseurs avant et après eux à la repré­sen­ta­tion en carrés, en croix, en cercles ou en tableaux qui sont insuf­fi­santes et qui sont surtout une source de dévoie­ment.

La recherche en pensée analo­gique n’est pas causa­liste, elle consi­dère des faits intel­lec­tuels qui n’ont pas été causés, mais qui sont présents de façon imma­nente selon une certaine unifor­mité univer­selle que l’on peut passer sa vie à essayer d’ap­pré­hen­der par bribes dans toute étude du monde qui nous entoure. Elle est concer­née par toute disci­pline, qu’elle ne consi­dère que de très loin, sans entrer trop avant dans le détail, mais en en rete­nant les faits saillants qu’i­né­vi­ta­ble­ment les infa­ti­gables penseurs disci­pli­naires finissent par expri­mer en quelques mots centraux qui synthé­tisent parfois des années de recherches selon des formules duelles, quater­naires ou autres. Ce sont ces clefs que nous mettons déli­ca­te­ment en équa­tions quand c’est possible, reliant ainsi peu ou prou toutes les disci­plines entre elles et allant même jusqu’à leur appor­ter une forme de vali­da­tion.

Le fonc­tion­ne­ment intel­lec­tuel préféré de cette recherche est de type paral­lèle et non sériel, mettant parti­cu­liè­re­ment en valeur les préfé­rences hémi­sphé­riques des penseurs de ce type dit les « cerveaux-droits ». La recherche de la Sagesse a un nom précis et exact qui consacre sa posi­tion en surplomb par son préfixe, c’est la méta­phy­sique. Chaque disci­pline a sa méta­phy­sique, y compris la méta­phy­sique elle-même. La méta­phy­sique de la méta­phy­sique est le point commun à toute les méta­phy­siques, c’est mon premier sujet d’étude et de forma­li­sa­tion : c’est l’étude du prin­cipe univer­sel, c’est la méta­phy­sique élémen­taire.

La notion de non-causa­lité (synchro­ni­cité jungienne), comme la notion de spéci­fi­cité neuro­lo­gique innée (carac­té­ro­lo­gie lesen­nienne et consorts) font partie eux aussi des sujets de recherches auxquels est refusé le droit à l’exis­tence, selon le schème expliqué plus haut. L’ou­vrage entre­pris ici touchera néces­sai­re­ment à ce type de sujet qu’il tendra à essayer d’ha­bi­li­ter/réha­bi­li­ter. Il convient donc au lecteur de se situer selon ce fait en admet­tant la néces­sité pour lui d’en­trer ici soit comme déjà natu­rel­le­ment disposé à croire ces choses, soit en accep­tant de les postu­ler, même tempo­rai­re­ment, ce qui est l’at­ti­tude que j’ap­pelle de mes vœux, puisque toute la thèse ici affir­mée demande préci­sé­ment la critique (dans le sens de l’éta­blis­se­ment de la limite) et le consen­sus.

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